Un point clair sur la dysplasie
Le 25-01-2008 à 21:44 par Joyenval. Dans Articles.
Ce qu’est exactement la dysplasie et comment faire interpréter sa radio par le Retriever Club.
Un point clair sur la dysplasie
La dysplasie
coxo-fémorale est une maladie des ligaments et
de la capsule de l’articulation de la hanche. Ces tissus sont
faits de
collagène dont la structure chimique est
modifiée. Une modification de la
viscosité du liquide synovial, ce liquide présent
dans l’articulation et qui
lui sert de lubrifiant est également
évoquée. Les ligaments ainsi atteints
présentent une hyper-laxité
c’est-à-dire un manque de fermeté ce qui provoque
un mauvais fonctionnement de l’articulation qui a tendance
à se luxer en permanence
mais sans y arriver vraiment : on parle de subluxation. Ces
mouvements de
subluxation vont à a longue modifier la forme des
pièces osseuses de
l’articulation et à une usure des cartilages
provoquant des lésions d’arthrose
dont l’apparition clinique est plus ou moins
précoce.
La dysplasie
coxo-fémorale résulte en partie d’une
composante génétique.
Cette transmission
génétique est dite « polygénique
à seuil »
c’est-à-dire :
-
Polygénique :
Plusieurs
gènes sont concernés. La connaissance du
génome canin étant encore incomplète,
le nombre exact et l’identité de ces
gènes n’est à ce jour pas connu.
- A
seuil : Le chiot a son
patrimoine génétique fait pour moitié
des gènes de sa mère et pour l’autre
moitié de ceux de son père. Il faut
qu’il y ait addition de gènes venant des
deux parents et que cette addition atteigne un seuil minimal pour que
la
maladie puisse éventuellement se développer.
Il
faut dire
éventuellement car en plus des facteurs
génétiques interviennent des facteurs non
génétiques dits acquis ou environnementaux.
De
ce fait,
plutôt que de parler
d’hérédité, on
préfère
parler d’héritabilité.
L’héritabilité découle
d’un calcul mathématique statistique et
détermine la
part prise par la génétique dans le
développement d’une maladie et de là
découle donc celle prise par les facteurs environnementaux.
Si l’héritabilité
est de 0, la part génétique est nulle. Si elle
est de 1, les facteurs
environnementaux n’ont aucun rôle, tout est
génétique. Globalement toutes races
canines confondues, rares sont celles dont
l’héritabilité dépasse 0,5
ce qui
veut dire que, pour la plupart des races, les facteurs non
génétiques
prédominent. Concernant le labrador, celle-ci semble
être de 0,4 ce qui
signifie que 60% des facteurs déterminant
l’apparition de la dysplasie dans
cette race sont non génétiques.
Quels
sont ces facteurs
environnementaux :
-
L’exercice
physique inadapté chez le
chiot même si sa place exacte est actuellement
rediscutée. Il reste recommandé
d’éviter pendant la période de
croissance tout effort forcé et prolongé, la
montée et descente des escaliers et les sauts.
-
L’alimentation
est un des principaux
facteurs et, lié à celle-ci, une prise de poids
trop rapide ou trop importante.
L’utilisation
d’une alimentation type croquettes est souhaitable
en raison de sa teneur en protéines et en calcium
particulièrement adaptée.
Il y aura lieu d’utiliser une
croquette de qualité dans la gamme correspondant
à l’âge du chiot et dont la
quantité journalière sera adaptée en
fonction de l’évolution du poids du chiot.
Tout apport complémentaire de calcium est à
proscrire, les excès étant en ce
domaine nocifs.
-
La race
est avec l’alimentation le
principal des facteurs acquis. Le facteur racial s’exprime au
travers de
l’angle entre l’axe des membres
postérieurs et la colonne vertébrale
d’une
part, la masse relative des muscles fessiers par rapport à
la masse corporelle
totale d’autre part. Chez le labrador, la masse des muscles
fessiers est certes
importante mais la masse corporelle globale aussi alors que, chez les
lévriers,
seules races à être totalement indemne de
dysplasie, la masse des muscles
fessiers également importante l’emporte cependant
par rapport à une masse
corporelle globale faible
Ces
deux
facteurs sont certes en partie déterminés par les
facteurs exercice physique et
alimentation mais aussi, en tant que caractéristique
d’une race donnée, par des
facteurs génétiques différents de ceux
impliqués dans le déterminisme de la
dysplasie.
Le
dépistage
de cette maladie repose classiquement sur la
radiographie du bassin réalisée après
12 mois. Cependant, un nouveau procédé,
basé sur la mesure d’un indexe de
laxité des ligaments de la hanche est en
cours d’évaluation aux Etats-Unis et repris
actuellement à Zurich en Suisse.
Les premiers résultats semblent prouver que ce nouveau test
est plus sensible,
moins « opérateur
dépendant » et surtout, permet le
dépistage à un
âge bien plus précoce estimé
à 4 mois.
Le
dépistage
est important en matière d’élevage
canin car il
convient d’écarter de la reproduction les sujets
porteurs de cette affection.
Cependant, le caractère non exclusivement
génétique de cette pathologie conduit
à la notion de porteurs sains dont la proportion est
variable d’une race à
l’autre mais aussi au sein d’une même
race.
Un
dépistage de nature
génétique serait certes idéal comme
ceci commence
à s’effectuer en matière de tares
oculaires. Le problème de la dysplasie est
cependant en ce domaine bien plus
complexe car interviennent une quantité importante de
gènes codant pour des
caractéristiques différentes et souvent
éloignées.
Sommaire de l'article
Il n'est pas possible d'ajouter de commentaire à cette ressource.